Colloque « Intensifions-nous ! »

Le 21 avril 2026, l’Université de Liège a accueilli, en collaboration avec plusieurs centres culturels liégeois, une journée de rencontre intersectorielle intitulée « Intensifions-nous ! ». Organisée dans le cadre du projet Interreg GRACE, cette journée a réuni des professionnels de la culture, des chercheurs, des représentants d’institutions publiques et des acteurs associatifs de la Grande Région autour d’une ambition commune : interroger la place de la culture dans un contexte de profondes mutations sociales, économiques et environnementales, tout en renforçant les dynamiques de coopération entre les territoires.

La journée s’est ouverte par les interventions de Céline Schall, docteure en muséologie, médiation et patrimoine à l’Université du Luxembourg, et de Loïc Perrin, doctorant en sciences politiques et sociales à l’Université de Liège. Leurs contributions ont proposé un éclairage complémentaire sur les transformations contemporaines des politiques culturelles, le rôle des institutions face aux défis des transitions ainsi que la capacité des pratiques culturelles à favoriser la participation citoyenne, le dialogue et le développement territorial.

Les échanges se sont ensuite poursuivis au sein d’ateliers collaboratifs réunissant des acteurs issus d’horizons variés. Ces espaces de réflexion ont permis de confronter des expériences de terrain, de partager des questionnements communs et de faire émerger des pistes d’action concrètes. Parmi les thèmes récurrents figuraient les difficultés à toucher des publics éloignés de l’offre culturelle, l’importance de créer des espaces de rencontre ouverts à la diversité des expériences, ainsi que le besoin de développer des formes de coopération plus durables entre les acteurs culturels et leurs partenaires.

Au fil des discussions, une conviction s’est imposée : face aux incertitudes qui traversent nos sociétés, la culture constitue bien davantage qu’un secteur d’activité. Elle apparaît comme un levier essentiel de médiation, de dialogue et d’expérimentation collective, capable de créer des liens entre les personnes, les disciplines et les territoires. Les participants ont souligné l’importance de préserver des espaces où le doute, l’écoute, le débat et l’intelligence collective peuvent trouver leur place, considérant ces dimensions comme des ressources indispensables pour accompagner les transitions en cours.

Le texte de clôture rédigé à l’issue de cette journée a prolongé ces réflexions en proposant une lecture sensible des échanges. Il a invité à considérer l’action culturelle comme un espace vivant d’accueil, de circulation des idées et d’attention aux fragilités. Sans chercher à produire une synthèse définitive, il a mis en lumière la richesse des questionnements partagés et a rappelé que les réponses aux défis contemporains se construisent avant tout dans la rencontre, le dialogue et la coopération.

Cette journée illustre pleinement les ambitions du projet Interreg GRACE : encourager les échanges entre recherche, pratiques culturelles et action publique, favoriser l’émergence de réseaux à l’échelle de la Grande Région et renforcer la capacité des acteurs culturels à imaginer collectivement des réponses aux enjeux de leur territoire. Plus qu’un temps de réflexion, « Intensifions-nous ! » a constitué une invitation à poursuivre les collaborations engagées et à faire de la culture un moteur de transformation, d’innovation sociale et de développement territorial.

 

Festival Nourrir Liège 2026 — La Fresque des Possibles : explorer l’alimentation durable par le design culinaire

Dans le cadre du festival Nourrir Liège 2026, la Cellule Art, Science et Innovation de l’Université de Liège, en partenariat avec le projet Interreg GRACE, a organisé deux ateliers de design culinaire intitulés La Fresque des Possibles, animés par la cheffe et food artist bruxelloise Lucille Griffon.

Proposée sur la Place de la Cathédrale à Liège, cette expérience participative a invité les participants à découvrir le potentiel créatif et gustatif de cinq ingrédients emblématiques de la Grande Région : la betterave, le petit épeautre, la lentille verte, la poire et la pimprenelle. À travers un processus de cocréation mêlant expérimentation, design et dégustation, les participants ont transformé ces produits locaux en une fresque culinaire collective, aboutissant à la réalisation d’un plat 100 % végétal, local et de saison.

  

L’atelier a permis d’aborder de manière concrète plusieurs thématiques au cœur du projet GRACE, telles que la souveraineté alimentaire, le locavorisme, la valorisation du patrimoine gustatif régional et la transition vers une alimentation plus durable. En faisant dialoguer art, science et gastronomie, l’événement a démontré comment le goût et la créativité peuvent devenir des leviers de sensibilisation aux enjeux alimentaires contemporains.

Afin de prolonger l’expérience au-delà de l’événement, l’artiste Vanna a développé un dispositif de documentation et d’archivage. Des journaux de bord illustrés ont permis de conserver les traces des apprentissages et des créations réalisées durant les ateliers. Ces contenus ont ensuite été numérisés pour alimenter un artefact numérique ouvert, conçu comme une ressource documentaire pérenne rendant accessibles les savoir-faire, les usages techniques et les dimensions sensibles explorés au cours de la journée.

 

Festival Nourrir Liège 2026 — Projet Climat de Bal Spécial

Quelques jours plus tard, le chorégraphe Pierre Bastin et les jeunes de la compagnie Bal Spécial ont présenté une performance inspirée du « Farmer Case », le procès intenté par l’agriculteur belge Hugues Falys contre TotalEnergies. En donnant une forme sensible et collective aux défis auxquels le monde agricole est confronté en raison du dérèglement climatique, cette création a permis de questionner les liens entre agriculture, territoire et responsabilité environnementale.

Accompagnés par Greenpeace et le CNCD-11.11.11., les 33 jeunes danseuses et danseurs de la compagnie, âgés de 14 à 23 ans, ont poursuivi pendant plusieurs mois une réflexion artistique et citoyenne autour des enjeux du réchauffement climatique, de l’agriculture et des formes contemporaines d’engagement. À travers la danse, ils ont interrogé leur capacité à agir, à résister et à porter un regard critique sur les transformations environnementales qui affectent nos territoires.

En proposant une traduction sensible et collective des réalités vécues par le monde agricole, cette création a invité le public à réfléchir aux liens qui unissent agriculture, alimentation, territoire et responsabilité environnementale. Elle a également montré comment les pratiques artistiques peuvent contribuer à rendre visibles des enjeux complexes, à susciter le dialogue et à mobiliser de nouveaux publics autour des défis de la transition écologique.

Présentée comme la première étape d’un « Marathon de danse », il est prévu que cette performance investisse plusieurs espaces publics à Liège, Louvain, Bruxelles et Gand, affirmant la volonté des jeunes artistes d’aller à la rencontre des citoyens et de faire de la création chorégraphique un véritable vecteur de sensibilisation et d’engagement.

Ces projets sont soutenus financièrement par le programme Interreg 2021-2027 dans le cadre du projet GRACE dédié à la généralisation de l’éducation artistique et culturelle à tous les habitants de la Grande Région.

© Université de Liège / © Alexia Rincé